Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
developpement-perso.over-blog.com

developpement-perso.over-blog.com

Des livres, des vidéos, des outils pour que chacun puisse œuvrer à la meilleure version de lui/elle même !

Les deux visages de la violence et quelques pistes pour en sortir !

Les deux visages de la violence  et quelques pistes pour en sortir !

Je viens de terminer un excellent livre d’Olivier Clerc intitulé :  "Le Tigre et l’Araignée, ou les deux visages de violence."

Pour ceux ou celles qui n’aiment pas lire, ou n’ont pas le temps, je vais dans un premier temps en faire un résumé. Je vous conseille néanmoins vivement la lecture de ce très bon ouvrage !

Puis je développerai quelques idées pour sortir de cette spirale de la violence que l’on peut constater de plus en plus aujourd’hui.

Oliver Clerc expose très simplement et très clairement ces deux polarités de la violence.

Celle du Tigre est très connue puisqu’elle est très manifestée : elle va des insultes, aux agressions physiques jusqu’aux attentats dans ses formes les plus extrêmes. Elle est facilement identifiable puisque manifestée concrètement. Elle est par ailleurs très médiatisée.

La violence de l’Araignée est elle, beaucoup moins connue, beaucoup plus dure à identifier et ses victimes en sortent souvent anéanties alors que les auteurs de telles violences restent souvent impunis.  Elle va de la rumeur, en passant par le dénigrement, l’humiliation, la manipulation, ou le harcèlement moral.

La violence de l’Araignée agit dans l’ombre, en silence, lentement mais sûrement. Elle est calculée, froide et pas moins dangereuse que celle du Tigre.

En fait, j’aurai tendance à dire que de nos jours elle est plus dangereuse du fait de sa non reconnaissance. Combien de victimes de harcèlement moral n’ont d’autres recours que de tout quitter alors que leur harceleur reste impuni ? Combien de personnes sont victimes de dénigrements permanents, de la part de collègues, chefs, amis « bien intentionnés », professeurs, les amenant à douter de leurs compétences, de leurs qualités, de leur valeur ? Parfois à douter tellement, que ces personnes en arrivent au suicide.

Cette violence de l’Araignée me fait penser au très beau texte de Ramïn Farhangi sur l’école et ses méthodes pédagogiques.

Pour ceux qui ne connaissent pas ce texte, je vous invite à l’écouter en cliquant sur le lien ci-dessous. Avec l’accord de son auteur je l’ai enregistré et illustré sur ma chaîne Youtube :

https://www.youtube.com/watch?v=C61VaUbKeos&t=74s

 

La bonne nouvelle c’est qu’il y a des moyens de sortir pour de bons de toutes ces formes de violences. Quelles soient « tigresques » ou arachnéennes !

Cela nécessite cependant de changer notre perception des choses.

Comme le montrent très bien certains adages et certains livres comme Dune : « la violence engendre la violence »

Laver une tâche de boue sur son pantalon avec de la boue n’a jamais rendu le pantalon plus propre !

Il fut un temps ou, pour ma part, je me battais contre plein de choses : contre la violence justement, contre l’injustice, contre l’irrespect, contre la bêtise…

Bref, j’étais contre plein de choses.

Et puis un jour j’ai commencé à changer de paradigmes. J’ai décidé que plutôt de me battre « contre », j’allais me battre « pour » : pour la Paix, pour le partage, pour la Bienveillance, pour la Justice, etc.

Je me sentais déjà beaucoup mieux dans le monde. Et il manquait encore quelque chose. Alors j’ai continué le changement de paradigme : en fait j’avais la solution dans ma formulation : « me battre pour ». Mais se battre, même si c’est « pour » quelque chose, c’est déjà de la violence.

Or est-il absolument nécessaire de se battre pour réaliser ce qui compte pour nous ? Il y a quelques temps de cela j’aurai sans doute été la première à répondre : oui !!!

Aujourd’hui je n’en suis plus si sûre. Cultiver la Paix et réaliser ses rêves est possible ! Cultiver la Bienveillance sans être victime des différentes formes de violence est possible ! Cultiver la Compassion pour l’autre en tant qu’humain même quand ses comportements sont condamnables, est possible !

Face à la violence du Tigre, un outil connu depuis longtemps et qui a déjà fait ses preuves dans bien des contextes, est la Communication Non violente de Marshall Rosenberg.

Je dis qu’il est connu, mais vu ce que l’on observe au quotidien, il ne l’est pas encore assez… Je rêve du jour ou la CNV sera enseignée à l’école dès le plus jeune âge !

Face à la violence de l’Araignée, les stratégies sont parfois plus délicates… L’araignée avance dans l’ombre. Et ce n’est que la mise en lumière de ces zones d’ombres qui la feront reculer.

N’avez-vous jamais eu de discussions ou vous avez vu venir l’autre à des kilomètres à la ronde en vous disant « il a un truc à me demander, il va la cracher sa valda, ou bien ? » Mais l’autre ne dit rien. A la fin vous vous retrouvez à proposer « spontanément » ce que l’autre attendait de vous alors qu’au départ vous ne vouliez pas le faire. Vous vous êtes fait manipuler !

Un exemple de dialogue arachnéen (en italique ce sont les pensées du personnage) :

Pierre : Salut Anne, comment vas-tu ? Tu as l’air radieuse ! Tu es magnifique

Anne : ah ouais ? Avec mes valises sous les yeux on pourrait croire que je pars pour quinze jours, mais sinon, tu as raison je suis magnifique. Qu’est-ce que tu me veux ? » Merci Pierre ! C’est gentil. Et toi comment vas-tu ? Tu as l’air préoccupé…

Pierre : oh là là ne m’en parle pas ! Tu sais ce client pour lequel on doit rendre le dossier ce soir ? Tu vas pas le croire, il vient de changer toutes ses demandes et je vais devoir tout refaire… C’est une catastrophe ! Je ne sais vraiment pas comment je vais m’en sortir…

Anne : en effet, je comprends mieux ton air soucieux… Mais il te reste du temps ! Tu es bon dans ton travail, je suis sûre que tu vas y arriver ! Et puis à chaque « gros dossier, c’est le même cirque…En fait, tu fais le coup à chaque fois que tu es débordé…

Pierre : oui mais ce n’est pas tout ! J’ai promis à ma femme d’être là pour la sortie des classes des enfants. Tu sais comme elle travaille dur en ce moment dans son nouveau poste, et en plus elle est en période d’essai, alors je fais de mon mieux pour la soulager avec les enfants. Du coup, je ne peux absolument pas rester plus tard au bureau ce soir ! Ça tombe vraiment mal…

Anne : Et qu’est-ce que je viens faire la dedans ??? Tu ne veux pas que j’aille les chercher non plus ?  ah oui en effet… Et tu ne peux pas demander à ton voisin de te les récupérer ? Je sais que vos enfants vont à la même école…

Pierre : j’y ai pensé aussi figure toi ! Le problème c’est qu’il ne fait pas partie de la liste des personnes autorisés à récupérer les enfants. Et tu sais comment c’est maintenant dans les écoles avec le plan Vigipirate et tout ça… Non, le seul moyen c’est que je parte tôt. Hélène ne me pardonnera jamais de lui faire faux bond… Mais je ne sais pas comment faire avec ce dossier… en plus c’est un gros client. Tu sais à quel point le chef tient à ce qu’on le bichonne…

Anne : Je te vois venir… Tu veux me refiler le bébé…Pourquoi tu ne demandes pas à ton assistant de s’en charger ?

Pierre : Non, non, je ne peux vraiment pas ! Le chef tient à ce que ce soit des gens d’expériences comme toi ou moi, qui traitions ce dossier ! Je lui ai proposé, mais il a refusé catégoriquement ! Il a peur que nous ne perdions le contrat. Et tu sais qu’en ce moment, la boite ne peut pas se permettre de perdre un client. Alors un comme celui-là…

Anne : C’est quoi cette blague ? Il plaisante là… Toi ou moi ? Mais enfin nous ne sommes pas les seuls à avoir de l’expérience dans cette boîte !

Pierre : Oui je suis bien d’accord avec toi ! C’est également ce que je lui ai répondu, mais il n’en démord pas… Et moi je n’ai pas d’autres solutions que de partir de bonne heure ce soir… D’un autre côté, c’est plutôt flatteur pour nous, non ?

Anne : Oui si on veut… Moi je vais me retrouver avec double charge de travail…

Pierre : oh merci Anne ! Tu me sauves la vie ! Je te revaudrai ça !

 

Attention ! Qu’on ne me fasse pas dire, ce que je n’ai pas dit : toutes les manipulations ne sont pas « mauvaises » et ne sont pas forcément de la violence. Il faut avoir la puce à l’oreille quand ces comportements deviennent chroniques et que la cible en souffre.

Le meilleur moyen pour sortir de la violence de l’araignée est, nous l’avons dit, de mettre en lumière les comportements dysfonctionnels. Pour ce faire, il est important de dire ce qui nous appartient.

Dans le dialogue ci-dessus, Anne pourrait très rapidement poser des questions au lieu de se laisser entraîner sur une pente ou elle ne veut pas aller.

Si vous souhaitez lire cet ouvrage vous le trouverez en cliquant sur le lien ci-dessous :

Le tigre et l’araignée, les deux visages de la violence.

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Olivier Clerc 29/12/2019 19:57

Merci pour cet article ! ça fait plaisir de voir cette façon de comprendre la violence, sous ses deux aspects, à nouveau mentionnée, 15 ans après sa parution ! :-)

Gwladys Jativa 30/12/2019 10:21

Bonjour,
Je suis contente que ce modeste article vous plaise ! Merci pour ce commentaire :-)
Même quinze ans après sa parution j'ai peur que votre livre ne soit de plus en plus d’actualité... Ce que je trouve profondément triste...