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Des livres, des vidéos, des outils pour que chacun puisse œuvrer à la meilleure version de lui/elle même !

Hallucination négative.

Hallucination négative.

Certains voient des choses qui n’existent pas. D’autres, plus rares, ne voient pas des choses qui existent. J’entre plus volontiers dans la seconde catégorie. Mais commençons par le commencement…

Ce matin, début de journée assez chargée.

D’abord je dois rencontrer une nouvelle « peut-être future consultante ». Je suis chargée d’évaluer si ce qu’elle propose est intéressant, dans quel contexte nous pourrons mettre en œuvre ses outils de formation, quelle sera sa plus-value dans nos contrats, et si cette personne pourra travailler avec l’ensemble de nos consultants.

Ensuite, j’ai rendez-vous chez mon avocate pour déposer un dossier pour une énième procédure lancée par mon ex-mari…

La bonne nouvelle, c’est que les deux lieux de rendez-vous ne sont pas trop éloignés l’un de l’autre ! Je pourrai tout faire à pied sans avoir à reprendre la voiture ! J’arrive en centre-ville assez tôt le matin et donc j’échappe au plus gros des bouchons.

Je mets un peu de temps à trouver une place pour me garer, mais coup de chance, je finis par en trouver une, juste à mi-chemin des deux lieux de rendez-vous.

Quand j’arrive dans le café ou nous nous sommes donné rendez-vous, il n’y a pas grand monde. Je m’installe dans le fond de la salle, d’où je peux voir presque toute la pièce. Je me commande un petit déjeuner et je prends patience : je suis arrivée avec beaucoup d’avance.

L’heure tourne et mon rendez-vous n’arrive pas… Je regarde les tables autour de moi et je me demande si elle ne s’est pas installée ailleurs sans m’avoir vue… J’ai un moment d’inquiétude : comme va-t-on se reconnaitre ??? Je ne l’ai jamais vue et de son côté elle ne me connait pas non plus ! Je continue mes observations et j’élimine les tables ou il y a des hommes. J’élimine aussi les groupes : normalement elle vient seule. Je raye aussi, les tables de plus de 45 ans : il parait qu’elle est toute jeune. Bon, il ne reste plus personne qui pourrait être mon rendez-vous potentiel… Alors je continue à attendre…

Enfin, elle arrive ! Quand je regarde l’heure, je me dis que le temps est vraiment quelque chose d’étrange… J’ai eu l’impression d’attendre longtemps. Or il ne s’est écoulé qu’une dizaine de minutes…

Puis le temps me fait à nouveau une de ses plaisanterie étrange : alors que j’ai l’impression que nous travaillons depuis une heure trente au maximum, je me rends compte que cela fait près de trois heures !!

Heureusement que chez l’avocate je n’ai pas de rendez-vous « officiel » ! Je dois juste passer déposer mes papiers pour la constitution du dossier. Mais quand même ! Je dois m’activer un peu et passer au cabinet rapidement si je ne veux pas me retrouver à la porte pendant la pause déjeuner !

Je remonte la rue d’un pas rapide en trainant derrière moi mon cartable à roulette. Il est vieux et moche. Et avec un poney rose de dessiné dessus… En fait, c’est ancien cartable de ma fille que j’ai récupéré quand sa période rose a pris fin… Quoiqu’il en soit, il me rend de fiers services ! Je n’ai plus à porter un sac trois fois trop lourd pour mes pauvres petits bras et mon dos ! et dedans je peux tout rentrer : ordinateur, dossier, matériel divers pour mon travail ! Même mes fringues quand je pars en déplacement !

Bon en plus du poney rose, il fait un bruit du tonnerre quand il roule derrière moi… Si on ne me voit pas arriver du haut de mon mètre cinquante et un, on m’entend…

Ça y est ! J’aperçois ma voiture ! Je dépose mon cartable dans le coffre et j’en sors les papiers pour l’avocate. Et me voilà repartie au pas de charge. J’arrive enfin au cabinet et quand je sonne à la porte, je prends un sérieux coup de chaud ! C’est ce que je n’aime pas en hiver : je mets des gros pulls bien chauds parce qu’à l’extérieur on se les gèle, et dès qu’on rentre quelque part, il faut de toute urgence enlever des épaisseurs si on ne veut pas transpirer comme un bœuf… J’ai l’impression de jouer à l’oignon…

La secrétaire récupère mes papiers, écoute gentiment mes explications, me dit qu’en cas de besoin on me téléphonera, et voilà… deux minutes trente, montre en main, et tout est terminé… Tout ça pour ça…

Mais même en deux minutes, j’ai eu le temps de transpirer dans ma doudoune… Et quand je ressors, je frissonne dans le courant d’air de la rue…

Avant de repartir vers ma voiture, j’en profite pour passer à une boutique ou je ne suis pas allée depuis longtemps. Et ça a tellement changé que j’ai du mal à la reconnaitre ! Tant bien que mal, je finis par trouver ce que je cherche et je me décide à rentrer : ce n’est pas tout ça, mais suite à mon premier rendez-vous, j’ai un compte rendu à faire.

Me voilà donc repartie en direction de ma voiture. Plus tranquillement que tout à l’heure je remonte la rue… Et je me retrouve devant le café de ce matin… J’ai dû rater ma voiture… Je repars dans l’autre sens, et arrive devant le magasin… toujours pas de voiture !... L’inquiétude me gagne… Je repars dans l’autre sens… toujours rien ! Là je commence vraiment à flipper ! Pas tant pour la voiture que pour mon cartable qui est dans le coffre… avec mon nouvel ordinateur tout neuf dedans…  « Arghhh !! » Ça fait à peine un mois que je l’ai, et j’ai assez galéré pour pouvoir le financer cet ordi ! Nouveau « Aaarrgghhh !!! » et tout mon travail est dans le nouvel ordi !!

« AARRGGGHHHH !!!  Et je n’ai aucune sauvegarde externe », pensai-je !!!! Au secours ! Sept ans de travail envolé !!! Tous mes textes ! Mes power point de formation ! Mes photos ! Oh là là… Comment vais-je faire… Je reste plantée là sur le trottoir à regarder dans toutes les directions et je ne vois pas ma voiture !!! Je respire à fond et je me dirige vers un fleuriste dont la boutique donne sur la rue. Il y a la une jeune femme et un monsieur plus âgé. Je leur demande si la fourrière est passée dans la matinée…

« Non, non pas du tout, me disent-ils… Et voyant sans doute mon inquiétude sur mon visage, ils ajoutent : Vous avez un souci ? »

  • "Eh bien, je me suis garée là ce matin, dis-je en désignant les places de parking dans mon dos, et là je ne retrouve pas ma voiture…
  • Vous êtes bien sûre de l’endroit où vous vous êtes garée, me demande gentiment la jeune femme ?
  • Euh… Oui… Enfin je crois…"

Là j’avoue que je ne suis plus très sûre de l’endroit où je me suis garée… Est-ce derrière moi, ou plus loin vers le café ? Ou de l’autre côté vers le magasin ? Non, c’est plus vers le café !

  • "Vous êtes sûre que vous étiez garée dans cette rue ?" me demande le Monsieur…

J’ai envie de lui sauter à la gorge et de lui hurler « Mais évidemment que je suis sûre de m’être garée dans cette rue !!! Vous allez pas en plus me sortir les clichés sur les femmes au volant !!!! Pour qui vous me prenez !!! »

Mais il y a un truc dans l’expression de son visage qui m’arrête : il ne se moque pas de moi, il cherche des solutions ! Lui doit voir quelque chose sur mon visage, parce que tout doucement comme si il marchait sur des charbons ardents, il ajoute :

  • "Parce que vous savez, ça arrive… Des fois on est sûr de s’être garé quelque part, et en fait on est ailleurs… Et comme les rues se ressemblent un peu toutes dans le coin, peut être que vous êtes sur l’avenue parallèle à celle-ci, non ? "

Je respire à fond avant de lui répondre :

  • "Non, non. Je suis vraiment sûre que je me suis garée dans cette rue. En arrivant ce matin, je me suis même dit que ça tombait bien puisque j’avais trouvé une place juste entre mes deux lieux de rendez-vous…Je ne suis plus très sûre de ma place, mais la rue, j’en suis certaine… Vous êtes sûrs que la fourrière n’est pas passée ?
  • Non, non, me répondent ils en cœur ! De toute façon ils verbalisent, mais ils n’enlèvent pas les voitures ! Vous ne vous êtes pas garée sur une place handicapée ? ajoutent-ils avec une pointe d’inquiétude…
  • Non. Je ne paye pas le parcmètre, mais les places handicapées je ne m’y gare jamais ! Il y a des règles que je n’enfreins pas. "

A part moi j’ajoute « Même si dans mon cas, parfois le handicap est dans la tête… »

  • "Bon… leur dis, je… Si la fourrière n’a pas enlevé ma voiture, j’ai bien peur de me l’être fait voler…
  • Vous pensez ? me répond la jeune femme.
  • Ben je ne vois pas bien ce qui a pu se passer… Vous savez ou il y a un commissariat de police dans le coin ?""

En disant cela, je scrute encore une fois les places de parking dans mon dos, désespérant de trouver ma voiture… avec mon ordi et mon travail dedans… Je me dis, que quelqu’un a dû me voir déposer mon cartable dans le coffre avant d’aller chez l’avocate… Mais qui aurait l’idée de voler un vieux cartable à roulette avec un poney rose ??? Qui s’imaginerait qu’il y a un ordinateur tout neuf dedans ??? Et puis l’ordinateur que j’ai acheté, ce n’est pas non plus le dernier mac book écran 18 pouces… Ni un PC de gameur ! Je suis désemparée… En même temps, j’entends les explications que me donnent la jeune femme et le monsieur sur le trajet pour aller au commissariat le plus proche.

Je regarde une dernière fois les places de parking derrière moi : non définitivement, il n’y a pas ma voiture… Je me retourne vers mes interlocuteurs pour les remercier de leur gentillesse et des informations qu’ils m’ont donné. Vraiment, c’est très gentil et je suis désolée de les avoir dérangé avec tout cela.

  • "Aucun souci, me disent-ils ! Votre voiture, c’est beaucoup plus embêtant !
  • Ce qui me pose le plus gros souci, c’est mon ordinateur avec tout mon travail qui était dans la voiture… La voiture je peux la changer. Mon travail je ne pourrai pas le récupérer…
  • Ah oui… en effet…"

J’entends la réponse mais je ne suis pas sûre qu’elle arrive jusqu’à mon cerveau… Derrière la jeune femme, et juste au-dessus de l’épaule du monsieur, j’aperçois quelque chose… je ne suis pas sûre… mais, si ! ça y ressemble bien !! On dirait ma voiture ?!?!

Mon cerveau reprend les commandes à toute allure ! Ce n’est pas possible : je suis passée trois fois devant cette place et ma voiture n’y était pas !

Et puis j’ai un doute… « Ta voiture n’y était pas, ou tu ne l’as pas vue ? »… Non… c’est pas possible ? Tu n’as quand même pas fait ça, me dis-je ?

La jeune femme se décale, et je peux confirmer : c’est bien ma voiture que je vois en face de moi…

Ils sont encore en train de me redire le trajet pour aller au commissariat le plus proche… Qu’est-ce que je leur dis ? « Oh finalement, c’est bon ! Je viens de la retrouver ! Excusez-moi pour le dérangement ! »

Non. Le ridicule ne tue pas, mais comme tout le monde j’ai mes limites sur le sujet ! Je repense au moment où j’ai failli aboyer sur ce pauvre homme parce qu’il suggérait que je m’étais peut-être trompée de rue… « Ben en fait, monsieur, je vous confirme, je ne me suis pas trompée de rue. Je suis simplement passée trois fois devant ma voiture sans la voir… »

Oh ce grand moment de solitude…

 

Apprentis-sages.

Le premier enseignement que j’ai tiré de cette expérience, c’est que j’ai des filtres perceptuels très puissants : ne pas voir quelque chose qui, au final, est bien présent, c’est quand même fort ! Mais nous reviendrons sur cette notion de filtres dans un autre chapitre.

Le seconde enseignement que j’ai tiré de cette expérience, c’est que pensées, émotions et comportements sont interdépendants et s’inter-influencent en permanence.

Avez-vous remarqué comme ce que je pense à propos de ma voiture « disparue » induit ce que je ressens ? Et avez-vous remarqué que très vite, je pense que je me la suis faite volée ?

Et quand je pense ça, je commence à avoir peur. Cette première pensée en amène une autre : je pense à tout mon travail « perdu », et là c’est vraiment panique à bord !

Plus je pense, plus j’ai peur. Et ça se répercute sur mes comportements : en temps ordinaire, je n’aboie pas sur les gens. En temps ordinaire, je n’y pense même pas. Là, je suis tellement paniquée par une pensée qui se révèlera erronée, que quand ce brave monsieur qui ne chercher qu’à m’aider suggère que j’ai pu me tromper de rue, je n’ai qu’une envie, c’est de lui sauter à la gorge !

En Programmation Neuro Linguistique, on appelle ça « l’Index de Computation »

Qu’est-ce donc que cette chose ???

L’index de computation, appelé par moi « Camembert », est un outil de PNL qui dit que toute personne possède ces trois pôles que j’évoque plus haut : les pensées (appelées Processus Internes en PNL), les émotions (appelés États Internes en PNL) et les comportements (appelés Comportements Externes en PNL. Tiens… Là, ils n’ont pas trouvé de gros mots barbares ??? Comme c’est étrange…)

Schématiquement, voilà à quoi ressemble l’Index de computation :

Et vous comprenez maintenant, pourquoi je l’appelle moi, « le Camembert » !

Comme on l’a vu dans ma petite histoire, ces trois pôles s’inter-influencent les uns les autres en permanence chez tous les êtres humains.

Et le « Camembert » a cette utilité, qu’il nous permet de comprendre non seulement les comportements d’autrui, mais aussi, et surtout ! les nôtres !!!

Quand on a compris ce qui nous a poussé à agir de telle ou telle manière, il est temps de penser à comment changer !

Grâce au Camembert, on peut changer par n’importe lequel de ces trois pôles !

Dans ma petite mésaventure, j’ai opéré le changement par le pôle « Comportement externe ».

Si, si… Ce n’était pas flagrant mais souvenez-vous… Avant de répondre à ce brave Monsieur, j’ai pris une « profonde inspiration ».

Respirer est un comportement ! Habituel certes. Auquel on ne pense pas assez. Et qui a son importance.

Parce qu’en inspirant à fond avant de répondre, cela m’a permis de calmer ma colère (Etat Interne), et donc mes pensées (Processus Interne).

Mais j’aurai pu aussi calmer mes « processus Internes », mes pensées : au lieu de me dire « Arrgghhh ! On m’a volé ma voiture !! », j’aurai pu me dire : « tiens, je me fais encore une petite hallucination négative… »

Parce que pour tout vous dire, ce n’est pas la première fois que cela m’arrive, loin s’en faut… et ce ne sera pas la dernière non plus…

 

Mise en application

Identifiez une situation que vous avez vécu comme stressante, angoissante, ou simplement pas drôle. 

Quelles ont été vos pensées à ce moment-là ?

Quels ont été les impacts de vos pensées sur vos émotions et sur vos comportements ?

Que pourriez-vous penser d’autres ?

Si ça ne fonctionne pas par la porte des pensées, quels ont été vos comportements ? Qu’avez-vous fait, ou pas fait ?

Que pourriez-vous faire d’autre ?

Dans un premier temps, entrainez-vous avec des situations passées. Petit à petit, avec de l’entrainement, vous arriverez à le mettre en application au moment où la situation désagréable se produira !

 

Citation inspirante.

 

« Si je suis certain que rien n’est certain, alors le fait même que j’en sois certain devient incertain ! »

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