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Des livres, des vidéos, des outils pour que chacun puisse œuvrer à la meilleure version de lui/elle même !

Avis de recherche : cherche médecin bienveillant et bientraitant.

Avis de recherche : cherche médecin bienveillant et bientraitant.

Introduction.

Une fois n'est pas coutume, en guise d'article je vous livre une nouvelle que j'ai écrite suite à une expérience personnelle. Sur le moment, ce fut difficile, voire même douloureux. Et puis, j'en ai appris quelque chose. Cette expérience m'a fait grandir. Sur le plan métaphorique bien sûr laugh, ma croissance est terminée depuis longtemps (en hauteur en tout cas!)

Chirurgien-Dieu

Connaissez-vous la différence entre Dieu et un chirurgien ?

Non ?

Dieu ne se prend pas pour un chirurgien.

Comme beaucoup de petites histoires drôles, celle-ci est excessive, caricaturale… et comme le disait Freud « avec de l’humour on peut tout dire, même la vérité ».

Il y a peu j’ai eu affaire à un de ces hommes qui se prend pour Dieu. Mais pas un chirurgien de n’importe quelle spécialité : un chirurgien orthopédique spécialisé dans les pathologies du pied… Est-ce parce qu’il s’occupe d’une extrémité du corps humain qu’il se sent obligé d’avoir l’autre extrémité plus grosse qu’une pastèque ? Je l’ignore, mais il atteint des sommets en matière d’incompétence relationnelle.

Je ne peux même pas me prononcer sur ses compétences techniques : je ne l’ai vu qu’à peine 10 minutes en tout et pour tout…

Mais commençons par le commencement… Ce matin-là, pas de session à animer, je travaillais chez moi à la réalisation d’un support de cours pour une nouvelle formation.

Réveillée d’assez bonne heure, je prends tranquillement mon café en faisant ma partie matinale de Hearthstone avant de lancer power-point, et de rouvrir tous les documents dont j’ai besoin pour reprendre le travail entamé quelques jours auparavant.

Réaliser un support de formation est toujours un travail fastidieux pour moi. Passionnant, mais long et difficile… J’ai toutes les idées en têtes : les contenus théoriques, les exemples, les mises en situations. Mais là, il faut tout mettre noir sur blanc. Et choisir un ordre de présentation optimal. Et organiser et structurer ce chaudron bouillonnant qu’est mon cerveau en phase de création…

Enfin bref… Alors que je relisais les rédaction de la veille j’aperçois une petite chose lumineuse juste à l’extrémité de mon champs de vision droit. C’est mon téléphone qui s’allume. Pour quelle raison s’allume-t-il ? L’aurai-je laissé en mode silencieux ? Quand je prends mon téléphone, je suis bien consciente que je suis encore en train de repousser le moment de passer à la rédaction, et bien m’en a pris. Quoique…

Quand j’ouvre le rabat de protection je vois s’afficher « 8h50 RV doc G** + radio »

« ARGGHHHH pensais je ! Comment est-ce possible ? On est le 26, et c’est le 27 que j’ai rendez-vous avec le chirurgien !» Je vérifie la date sur mon portable, puis sur l’ordinateur, à nouveau sur mon téléphone, mais il n’y a pas d’erreur… sauf dans ma perception du temps… On est bel et bien le 27 et je suis sérieusement en retard…

L’avantage c’est que je n’ai plus de chaussures à enfiler : cela fait déjà plusieurs semaines que j’ai tellement mal au pied gauche que je n’arrive plus à mettre de chaussures. Je suis donc condamnée aux tong… En février, cela reste un peu délicat, mais dans un cas comme ce matin, je gagne un peu de temps… Et c’est justement pour tenter de résoudre ce soucis au  pied que j’ai ce rendez-vous dans quinze minutes ! Alors clopin clopant je tente le « cours Forest ! cours ! »

Me voilà dans ma voiture. Je profite de l’arrêt au feu pour appeler la clinique et prévenir le secrétariat du service de radiologie que je risque d’avoir un peu de retard. Puis je tente le secrétariat du chirurgien mais il n’est pas encore ouvert. Soit, je rappellerai.

Dans ma tête j’alterne entre des « P*** fait ch** ! Comment j’ai pu me planter comme ça ! » et des « Allez détends toi, de toute façon ça n’y changera rien ! » mais aussi « Et si il fallait que tu le rates ce rendez-vous ? »

Cette dernière pensée me laisse perplexe… Je n’ai pas envie de le manquer ce rendez-vous ! Mettre des tongs en février et se cogner les regards interloqués voire réprobateurs des gens, quand ce ne sont pas des remarques désobligeantes, passe encore. Mais la douleur… La plupart du temps elle est supportable, et puis invariablement arrive un stade ou je ne sais plus quoi faire de mon pied tellement cette boule sous la base du deuxième orteil me fait souffrir. J’en ai des crampes jusque dans les cuisses et je ne peux plus poser le pied au sol sauf nu pieds.

Toutes ces petites discussions avec moi-même m’ont amenée jusqu’à la clinique. Dès l’entrée du parking franchie, je tombe sur le bâtiment de radiologie. Ouf… Je n’aurai pas à chercher trop longtemps.

Quand je franchis les portes de l’accueil je n’ai que 10 minutes de retard. Je me présente à la secrétaire et m’excuse pour ces 10 minutes : « Ne vous inquiétez pas pour ça ! me répond-elle en souriant. En tout cas, c’est gentil à vous de nous avoir prévenu ! »

Quand elle voit mon expression surprise elle ajoute « Vous savez aujourd’hui les gens ne viennent pas à un rendez-vous et ne nous téléphonent pas pour annuler. Alors imaginez : prévenir qu’on va être en retard… Mais c’est d’un autre temps… »

D’un côté je suis soulagée, et d’un autre je prends un gros coup de vieux…

Tout en discutant avec moi, elle a enregistré mon dossier et me demande de patienter dans la salle d’attente. Avant d’y aller, je prends à nouveau mon téléphone pour prévenir le chirurgien que j’arrive dés les radios terminées.

C’est étrange l’organisation de cette clinique… Les bâtiments sont à deux pas les uns des autres, ils ont le même standard téléphonique, des lignes internes,  mais les personnes ne peuvent pas communiquer d’un service à l’autre… Ainsi ma gentille secrétaire ne peut pas appeler sa collègue chez le docteur G*** pour prévenir que je suis bien arrivée et que je ne lui ai pas posé un lapin… Qu’il en soit ainsi : je m’en charge en attendant le radiologue.

Une petite demi-heure plus tard, je suis sortie et me voilà à nouveau trottinant en tongs sous un grand soleil d’hiver glacial, vers le bâtiment des orthopédistes. Certes, ils n’occupent sans doute pas tout le bâtiment mais qu’à cela ne tienne.

Nouvelle secrétaire, nouvel enregistrement, nouvelle salle d’attente… Et enfin, nouveau médecin : le docteur G*** vient de m’appeler.

En le suivant vers son cabinet je m’excuse pour mon retard, et il me répond sur un ton ou pointe un tantinet de dédain « que voulez-vous… c’est comme ça… Il y en a qui sont en avances, d’autres en retards… »

Je ne suis pas sûre de comprendre ce que signifie vraiment sa réponse et je suis perplexe, mais je laisse couler.

Quand il s’installe derrière son bureau je l’observe. Déjà quasiment chauve, il semble pourtant n’avoir qu’une petite trentaine d’année, et il semble aussi presque totalement désabusé…A aucun moment il ne me regarde… étrange…

La consultation commence. Tout d’abord ce sont les questions classiques : date de naissance, antécédents chirurgicaux, traitements en cours, etc. Puis il me demande quel est le problème. J’ai bien envie de lui répondre « le manque de communication et de coopération entre les êtres humains » mais je doute qu’il trouve cela drôle…

J’explique donc ce qui m’amène chez lui. Il y a une dizaine d’année j’ai commencé à avoir cette douleur paralysante dans le pied. Après une radio tout ce qu’il y a de plus normal,  mon médecin généraliste de l’époque conclue à un probable névrome de Morton. « Probable » parce qu’il faudrait faire une échographie pour confirmer le diagnostic. En effet, le Morton, ce sont des nerfs qui forment une boule et « se coincent » dans les métatarses des doigts de pieds. Et la radiographie qui permet d’examiner les os, ne révèle rien des « parties molles »… Mais comme mon médecin n’était pas un fan des examens systématiques et que moi non plus, tout le tableau clinique semblant être cohérent avec ce diagnostic, il m’a conseillé sur les chaussures qui m’aideraient à enrayer le processus, et grosso-modo pendant dix ans ce « probable Morton » m’a laissée tranquille. Oh de temps à autre, quand je portais des chaussures un peu trop étroites, ou des talons plusieurs jours de suite, il me rappelait sévèrement à l’ordre. Mais il me suffisait de revenir à mes chaussures à bouts ronds, avec des talons entre 1 et 4 cm, et tout rentrait très vite dans l’ordre.

Et puis il y a un an, les douleurs s’aggravant et plus rien ne me soulageant à part être nu-pied,  il a fallu me faire une première infiltration de cortisone.

« Où l’avez-vous faites ? m’interrompt-il sèchement, sans me regarder pour autant.

Chez la fleuriste juste en bas de chez moi : je l’ai vue à l’œuvre avec ses ciseaux et je me suis dit qu’avec une seringue remplie de cortisone elle devrait être super douée, me dis-je. Mais je lui réponds : « C’est mon médecin généraliste qui me l’a faite ».

« Sans échographie ?!?!?! s’exclame-t-il scandalisé

« Sans échographie, lui confirmais -je.

Un silence lourd de reproches s’installe… Dois je lui dire que c’est l’interne de mon généraliste qui m’a fait l’injection ? … Je crois que je vais garder ça pour moi

« Quoiqu’il en soit repris-je, bien que sans échographie cette infiltration a été très efficace puisque mon pied m’a laissée tranquille pendant près d’un an. Mais en janvier dernier il a fallu m’en refaire une qui cette fois n’a eu aucune action. Et depuis je ne peux rien mettre d’autre aux pieds que des tongs.

« J’imagine que c’est toujours votre médecin généraliste, et il charge ces mots de tout le mépris dont il est capable, qui s’en est chargé ?

« En effet, lui répondis je.

« Bien. Enlevez vos chaussures et marchez jusqu’au mur du fond puis revenez !

Je n’ai pas de chaussures, ai-je envie de rétorquer. Mais devant ce ton et sec et péremptoire je m’abstiens et je m’exécute. J’adore qu’on m’aboie des ordres ainsi…

« Encore ! »

Je recommence.

« Sur la pointe des pieds ! »

Le « s’il vous plait » sera en option… Il y en a qui sont polis et d’autres qui ne le sont pas ai-je envie de dire, mais je me tais. Et je n’arrive pas à faire deux pas sur la pointe des pieds : j’ai trop mal.

« C’est pas un Morton, grommelle-t-il en allant jeter un coup d’œil sur ma radio. Allongez-vous sur la table ! » ajoute-t-il sans un regard pour ma petite personne.

Si le fait que mon médecin réalise des infiltrations le vexe à ce point, c’est avec lui qu’il doit voir ça ! Moi je n’en suis pas responsable ! Mais alors que j’ouvre la bouche, il appuie sans ménagement sous mon pied en me demandant « ça vous fait mal là ? »

La douleur me coupe la respiration et les cordes vocales. Et c’est un croisement entre un gargouillement et un cri qui lui répond.

« Ah… oui. Ça vous fait mal, observe-t-il laconique. »

« Et là ? Ça vous fait mal ? redemande-t-il en appuyant sur le dessus de mon orteil.

Les mêmes causes produisant souvent les mêmes effets, j’entends à nouveau mon croassement et son laconique « ah… oui... Ça vous fait mal… »

Je m’interroge : se venge-t-il de mon retard ? Ou comme je l'ai supposé, ce sont les actes de mon généraliste qui l’ont vexé ? Est-il inconscient de la brutalité de ses gestes ? Ou est-il tout simplement pervers ?

Sans un mot de plus, et toujours sans un regard, il retourne s’assoir derrière son bureau, reprend ma radio et lâche : « C’est pas un Morton. Il n’y a rien à faire !»

La aussi, c’est sec, laconique, péremptoire. Pas une once d’empathie, ou de bienveillance. Rien.

J’ai déjà les larmes aux yeux à cause de la douleur mais là c’est le pompon et je pleure.

« Pardon ? Lui dis-je Et je fais comment moi ?

« Mais je n’ai pas de remède miracle moi Madame ! m’assène-t-il. Il n’y a rien à y faire c’est comme ça ! C’est pas grave !

« Sans parler de solution miracle, comment je fais pour aller bosser ? Dernièrement j’ai dû conduire en chaussette pour pouvoir rentrer chez moi après le travail !  Vous croyez vraiment que je mets des tongs en février alors qu’il fait moins 5 degrés le matin juste pour le plaisir ? Et si ce n’est pas un Morton, c’est quoi ?

Il lève enfin les yeux vers moi, et remarquant pour la première fois que je pleure, il m’assène :

« Et bien, perdez du poids ça vous aidera !

J’avais déjà du mal à respirer, mais là je fais une apnée et je ne vais pas tarder à concurrencer Jaques Mayol…

Pendant ce temps il ajoute : « Parce que vos kilos en trop ça n’aide pas ! vous en êtes consciente ?

« J’en suis bien consciente docteur, je vous remercie. Et que me suggérez-vous ? Car voyez vous j’ai fait un long bilan avec une nutritionniste et les choix qui s’offrent à moi sont les suivants : arrêter de manger. Mais si je me contente d’arrêter de manger ça ne suffira pas. Il faudra aussi que j’arrête mon traitement anti inflammatoire. Mais dans ce cas je risque une paralysie du bas de la colonne sans parler des douleurs qui vont avec. Le troisième choix que j’ai c’est de recommencer à fumer un paquet par jour ? Qu’en dites-vous ?

« Ah non, non ! recommence-t-il à bougonner. Ne reprenez pas le tabac… Oui… Bon… On peut toujours faire une échographie mais ça ne fera que confirmer ce que je dis ! Mais dans ce cas, il vous faut quelqu’un de compétent. Parce que ce n’est le tout de faire une écho, encore faut-il avoir quelqu’un qui sache la lire… Donc en sortant vous retournerez dans le bâtiment ou vous avez passé votre radio et vous demanderez un rendez vous avec le Docteur B***. Et uniquement le docteur B***, vous m’avez bien compris ?

J’adore qu’en plus d’être odieux avec moi, on me prenne pour une idiote… Mais il n’a pas fini son monologue…

« Si jamais le docteur B*** vous dit « G*** a dit des conneries » vous pouvez revenir vers moi, vous êtes la bienvenue ici, mais ça n’arrivera pas ! »

Est-ce déjà arrivé que quelqu’un te dise que tu es un sale con certifié ? Non ? Ne bouge pas ; ça ne va pas tarder je crois…

Mais à peine a-t-il fini son petit discours, qu’il m’a planté avec sa secrétaire qui me demande 80 euros pour prix de la consultation. Et bien dites donc… Je ne suis pas douée en math, mais à 80 euros les 10 minutes, vous imaginez ce qu’il est payé à l’heure ? Je n’ose même pas penser à la journée…

Cela étant, je n’ai pas de diagnostic, il laisse entendre qu’à 3 kms d’une des plus grande ville de France il n’y a qu’UN et un seul échographe qui soit compétent, et selon lui mon cas est insoluble. Mais sans diagnostic, comment peut-il dire « il n’y a rien à faire ! » ? Et croit-il vraiment que si le docteur B*** le contredit je vais revenir chez lui et lui confier mon pied à opérer alors qu’il se vexe dès que quelqu’un ne va pas dans son sens ?

La fonction de médecin n’est -elle pas censée être un métier relationnel ? La maltraitance est-elle donc devenue normale dans ce secteur ?

Être confronté à quelqu’un qui se prend pour Dieu ce n’est déjà pas évident… On ne contredit pas Dieu. On ne peut pas être en désaccord avec lui, on ne peut avoir un autre point de vue, une autre perception puisque « Chirurgien-Dieu » est omnipotent, omniscient et tout puissant. Du moins le croit-il… Toutefois il y a des Dieux qui sont bienveillants… Alors avec un peu de bon sens, un peu de flatterie pour leurs égos surdimensionnés, on arrive à obtenir des réponses à nos questions. Dans ces cas-là, Chirurgien-Dieu est un peu paternaliste (même quand c’est une femme…), il a tendance à vous faire la morale, et à savoir mieux que quiconque ce qui est bon pour vous, mais soit. Bien qu’humainement inacceptable, cela reste « gérable ».

Mais comment fait on quand Dieu est malveillant ???

*

*             *

Quelques jour plus tard, et toujours en tong, me voilà dans le cabinet de consultation du Docteur B***. Jolie jeune femme d’une trentaine d’année elle aussi, sans alliance, notre brave G*** en serait-il  amoureux ?..., et je vais passer une échographie qu’elle seule saura lire cela va de soi…

Son verdict ne se fait pas attendre : « Oh dites donc… Vous avez un sacré Morton… »

Quelques jours plus tard elle me fera une injection de cortisone échoguidée. Et qui s’avérera tout aussi inefficace que la précédente réalisée par mon généraliste. C’est vrai que le fait d’injecter le produit 3 mm plus à gauche grâce à l’échographie faite en simultanée, ça change vraiment la face du monde…

*

*             *

Moi je vais me faire plaisir et écrire ma façon de penser à ce brave docteur G***. Je doute que ça l’amène à réfléchir à son comportement, mais j’ai décidé que je ne laisserai plus passer ce genre de chose. Et si ça n’apporte pas de changements chez lui, ça me fait du bien à moi.

« Docteur,

J’ai le plaisir de vous transmettre ce jour une copie du compte rendu du Docteur B*** suite à l’échographie que, bon gré mal gré, vous m’avez prescrite à la fin de mon rendez-vous du 27/02.

Elle révèle, je vous le donne en mille ?… Un névrome de Morton ! Et inratable selon les dires du Docteur B***…

Après avoir dicté cette ordonnance à votre secrétaire vous m’aviez dit « Si elle vous dit « G*** a dit une connerie », vous pouvez revenir, vous êtes la bienvenue, mais cela n’arrivera pas ! »

C’est pourtant arrivé… Même si je vous accorde bien volontiers qu’elle ne l’a pas exprimé dans ces termes.

Mais je tiens à vous informer également par la présente, que je ne vous confierai pas mon pied. Et ce pour plusieurs raisons.

La première étant que non content de ne pas me fournir de diagnostic (vous vous êtes contenté de me dire ce que, selon vous, ce n’était pas, sans pour autant me dire ce que c’était), je suis sortie de votre cabinet encore plus  mal en point qu’en y étant entrée.

Votre commentaire sur la nécessité de perdre du poids était non seulement déplacé (ce n’était pas le motif de ma consultation), mais en plus il était particulièrement blessant.

Croyez-vous vraiment que les personnes qui, comme moi  sont en surpoids l’ignorent ? Croyez-vous vraiment que nous ne fassions déjà pas tout pour tenter de régler ce « problème » ? Pensez-vous vraiment qu’une remarque tellement violente va aider les patients ?

Oh que le poids soit un facteur aggravant je veux bien l’entendre. Mais seulement quand on a commencé par chercher la cause des douleurs… Or vous n’avez pas fait mine de chercher l’ombre d’une cause à mes douleurs. Même moi, qui n’ait pourtant pas fait médecine, je sais qu’un Morton ne se diagnostic pas  à la radio. Que dans le meilleur des cas on le voit à l’échographie. Quand on le voit. Dans mon cas il semble être bien visible… Alors comment avez-vous pu affirmer de façon tellement péremptoire « Ce n’est pas un Morton, on ne peut rien y faire ! » ???

Si le serment d’Hippocrate semble obsolète ces derniers temps, le code de déontologie des médecins ne dit-il pas « D’abord ne pas nuire ». Principe, à ma connaissance, le plus ancien de tous les codes de déontologie. Si on ne peut pas soulager le patient, au moins on fait tout ce qu’on peut pour ne pas lui nuire.

Il dit également que « En toutes circonstances, le médecin doit s’efforcer de soulager les souffrances du malade par des moyens appropriés à son état et l’assister moralement. » (article r.4127-37 Du CSP). Pour ce qui est de soulager les souffrances et de l’assistance morale, j’ai dû rater quelque chose lors de ce rendez-vous…

Dans mon champs d’expertise, qui est la communication interpersonnelle et le management HUMAIN, j’utilise beaucoup le travail de Robert Sutton. Ce dernier qualifierai des comportements comme le vôtre à mon égard de « sale con ». La question que je me pose cher Docteur c’est : êtes-vous un « sale con occasionnel » ? Ce qui peut  nous arriver à tous et toutes. Nous faisons des erreurs, nous blessons les autres sans le faire exprès et parfois sans même nous en rendre compte. Si c’est la cas, il y a de l’espoir ! Quand on est un « sale con occasionnel » il suffit de faire de son mieux pour rattraper ses erreurs et souvent les choses, et surtout les relations humaines, s’améliorent. Ou alors, entrez-vous dans l’autre catégorie de Sutton : « le sale con certifié » ? Celui pour qui ces comportements humainement inacceptables sont devenus la manière habituelle de procéder et qui se moque bien de causer des dégâts psychologiques et émotionnels chez les autres… Vous seul pouvez répondre. Mais sachez que dans ce cas le pronostic vital pour des relations humaines harmonieuses est malheureusement plus que compromis…

Mes sincères salutations,

 

Gwladys JATIVA, qui ne sera plus votre patiente. »

*

*             *

Tout bien réfléchi, il était vraiment important que j’y aille à ce rendez-vous. Il m’a permis de faire d’immenses progrès dans un domaine bien spécifique : cesser de me laisser marcher sur les pieds par les « figures d’autorités » !

Si vous avez aimé cette nouvelle, vous pourrez trouver un recueil des mes écrits en suivant le lien ci dessous :

Mes-aventures.

Si vous aussi avez été confronté à de la violence médicale, je vous recommande l'ouvrage de Martin Winckler :

Les brutes en blancs.

Vous y trouverez un état des lieux de notre système de soin mais aussi des pistes de réfléxions et d'actions lorsqu'on est confronté à des comportements inacceptables de la part de médecins.

Je vous recommande aussi la lecture de ses romans :

La maladie de Sachs

Le Coeur des femmes

L'école des soignantes

 

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