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Des livres, des vidéos, des outils pour que chacun puisse œuvrer à la meilleure version de lui/elle même !

"Damné s'il le fait. Damné s'il ne le fait pas."

"Damné s'il le fait. Damné s'il ne le fait pas."

Introduction.

J’ai eu la chance (ou la malchance, tout dépend du point du vue) d’être confrontée à de grands manipulateurs.

Quand j’ai enfin pu mettre un terme à ces relations destructrices, il m’a d’abord fallu du temps pour me reconstruire.

Puis est venu le besoin de comprendre.

J’ai réfléchi, analysé, étudié, recoupé les informations.

Cet article sera le premier d’une série sur les comportements manipulatoires. L’objectif de ces articles est de vous permettre de comprendre ces comportements, de les repérer, ainsi que de vous donner des pistes pour en sortir si vous le souhaitez.

 

La double contrainte.

Connaissez vous l’histoire des deux cravates ?

Non ?

C’est l’histoire d’un jeune homme à qui sa mère offre deux cravates. Une rouge et une bleue. Elle lui dit : « Si tu veux me faire plaisir, tu pourras les mettre quand tu viens me voir ! »

Le dimanche, alors qu’il est invité à déjeuner chez sa mère et souhaitant lui faire plaisir, il décide de mettre une des cravate qu’elle lui a offert. Et il choisit de mettre la rouge.

Quand il arrive, sa mère le scrute de la tête aux pieds, remarque la cravate rouge et sur un ton de reproche lui dit « Hum… je vois que tu n’aimes pas la cravate bleue que je t’ai offerte… »

Le dimanche suivant, ne tenant pas à froisser de nouveau sa mère, le jeune homme décide de mettre la cravate bleue. Quand il arrive, sa mère le scrute à nouveau de la tête aux pieds, et à nouveau sur un ton de lourds reproches lui dit : « Hum… je vois que tu n’aimes pas la cravate rouge que je t’ai offerte ! »

Ainsi donc, à moins de mettre deux cravates en même temps, ce jeune homme se trouve dans une situation où, quelle que soit la solution qu’il choisira, il ne pourra satisfaire sa mère. Quelle que soit la solution choisit, il aura un problème.

 

 

C’est un cas classique de double contrainte.

Et la double contrainte est le B.A-Ba de la manipulation.

 

 

Alors certains d’entre vous me diront peut-être que c’est plutôt rare comme comportement, ou alors que cette histoire est exagérée. Peut-être. Ou peut-être pas.

Quand on observe un peu notre quotidien on se rend compte qu’il y a pléthore d’exemples de doubles contraintes.

Les adolescents par exemple, sont des experts sur ce comportement.

Pour certains adolescents, arrive un moment ou les questions de leur parents ressemblent à un interrogatoire du KGB (Ou FSB pour les nouvelles générations 😉). Ils ne supportent plus la moindre question ou discussion et taxent leurs parents de les considérer encore comme des enfants, alors qu’ils ont grandi.

Lasses de ces reproches, les parents cessent de poser des questions et « lâchent un peu la bride » à leur ado. Arrive alors une énième dispute, mais cette fois parce que les parents ne s’intéressent pas à l’ado ! Ils ne lui posent pas de questions sur ce qu’il fait ou ne fait pas, donc ils ne s’intéressent pas à ce qu’il vit !

Cela vous rappelle des souvenirs en tant qu’ancien adolescent ? Ou avec vos ados aujourd’hui ?

 

Et bien ce n’est qu’une variante de l’histoire des deux cravates et un autre cas classique de double contrainte.

Quelle que soit la solution choisit, elle ne conviendra pas et vous attirera des reproches…

 

Dans l’univers professionnel une double contrainte classique peut-être de recevoir des ordres contradictoires de deux chefs différents.

Imaginons que votre N+1 vous demande de tout laisser tomber pour terminer le dossier « Machin » pour ce soir 18h au plus tard, parce que « c’est un de nos gros clients, on ne peut vraiment pas le décevoir. Si on perd ce contrat, vous en serez tenu pour responsable » vous dit-il. Mais voilà votre N+2 passe quelques instant plus tard et vous demande de traiter le dossier « Trucmuche » en priorité parce qu’il doit être bouclé pour ce soir 18h, parce que « c’est un de nos gros clients, on ne peut vraiment pas le décevoir. Si on perd ce contrat, vous en serez tenu pour responsable » vous dit-il. Et bien sûr, il est déjà 16h30…

Et parfois, ce ne sont même pas deux chefs différents qui donnent des ordres contradictoires et impossibles à réaliser en simultanés… mais une seule et même personne…

 

Concrètement comment marche une double contrainte ?

Tout d’abord, sachez que ce travail est celui de Gregory BATESON, anthropologue, psychologue et épistémologue américain. Il est à l’origine de ce qu’on a appelé « l’école de Palo Alto » dans les années 1950. C’est à cette époque qu’il conceptualise cette notion de double contrainte. Autrement appelée « Injonction paradoxale ».

Il résumait cette notion par le titre que j’ai choisi pour cet article : « Vous êtes damné si vous ne le faites pas. Et vous êtes damné si vous le faites. »

Pour qu’il y ait double contrainte, il doit donc y avoir deux ordres qui ne peuvent être accomplis sans que la réalisation de l’un ne viole la réalisation de l’autre.

La double contrainte peut être explicite ou implicite.

Un exemple fréquemment utilisé par Bateson pour illustrer la double contrainte implicite, est celui de cette mère qui ordonne à son enfant de venir lui faire un câlin. Et quand ce dernier s’approche et la prend dans ses bras, elle se raidit et fait une grimace de dégoût…  Et si il n’obtempère pas, il a droit à une dispute…

« Damné s’il le fait. Et damné s’il ne le fait pas. »

A ces ordres contradictoires, s’ajoute un autre élément important dans une double contrainte efficace : le sentiment qu’on ne peut pas sortir de la situation. Le sentiment d’être piégé.

Un très bon exemple de double contrainte utilisée avec humour dans la BD Asterix en Corse : 

 

Comment en sortir ?

Autant dire qu’il n’y a pas de solution miracle à cette forme de manipulation…

Il est possible de confronter vos interlocuteurs à leur propre contradiction.

Par exemple : « Maman je suis très embêté parce que je ne sais pas quelle cravate mettre… Quand je mets la bleue, ça ne va pas parce que tu me dis que je n’aime pas la rouge. Et quand je mets la rouge, ça ne va pas parce que tu dis que je n’aime pas la bleue… Alors comment je fais ? »

Il n’est pas certain toutefois que vos interlocuteurs apprécient cette confrontation…

 

L’autre solution est de développer un grand sens de l’humour et de l’auto-dérision :

« Merci beaucoup maman ! Grâce à toi j’ai amélioré ma capacité à sortir des sentiers battus ! Je peux aujourd’hui porter deux cravates sans honte aucune ! »

Attention : il n’est pas question ici d’ironie ou de sarcasme ! Pour éviter et/ou sortir du piège de la double contrainte il est important de faire de l’auto-dérision et de l’humour sincère. A savoir rire avec l’autre et non pas rire de l’autre. Même si il est, là aussi, peu probable que votre interlocuteur rit avec vous, vous pouvez toujours rire avec vous-même !

Vous avez aimé cet article? Vous avez des questions ? Des remarques ?

Partagez les moi dans les commentaires ! Je serai ravie d’échanger avec vous ! 😉

 

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