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Des livres, des vidéos, des outils pour que chacun puisse œuvrer à la meilleure version de lui/elle même !

Le Triangle de Karpman ou Triangle Dramatique

De quoi parle-t-on ?

Bien des articles et vidéos ont déjà parlé du Triangle de Karpman (du nom du psychologue et psychiatre américain Stephen Karpman qui l’a conceptualisé en 1968).

 Et comme certains l’ont fait avec brio, je ne vais pas refaire ce qui a déjà été fait !

Ici je vais vous résumer rapidement et au travers d’exemples concrets les différents rôles du triangle et vous proposer des pistes de réflexion et qui sait, d’actions, pour en sortir si vous le souhaitez.

Qui dit Triangle, dit Trois pôles.

Triangle dramatique Analyse Transactionnelle développement personnel
Triangle de Karpman

 

Prenons maintenant un exemple au travers d’un dialogue plus ou moins imaginaire. Votre mission, si vous lacceptez, sera de trouver dans quel(s) rôle(s) sont les deux protagonistes. Et souvenez-vous, même à deux joueurs, on peut basculer dun pôle à un autre du Triangle  

 

    • Paul : C’est encore brûlé ce qu’on mange ! 
    • Virginie : Il a fallu que je réponde au téléphone ! 
    • Paul : Ah ! Encore le téléphone, tu es toujours au téléphone ! 
    • Virginie : Je suis bien obligée de répondre quand il sonne. 
    • Paul : Et le répondeur il sert à quoi ? Si tu le laissais faire son travail, tu pourrais faire le tien correctement !
    • Virginie : On ne sait jamais ce qui peut arriver. Il faut que je réponde … si c’était important ? Si c’était ma mère ou ta mère … ou je ne sais qui, qui a besoin d’aide. 
    • Paul : Je travaille toute la journée à un poste que je déteste. 
    • Virginie : Oui, tu fais un travail difficile. 
    • Paul : Et je ne peux même pas m’asseoir pour un bon dîner ! 
    • Virginie : Je peux faire autre chose, si tu veux. 
    • Paul : Ah ! non ! Cela va prendre trop temps comme d’habitude. 
    • Virginie : Si tu te bougeais pour répondre au téléphone, je ne serais pas obligée d’être au four et au moulin et le dîner ne serait pas brûlé ! 
    • Paul : En rentrant, j’ai juste besoin de m’asseoir et de me détendre. Tu ne sais pas ce que c’est ! 
    • Virginie : Bien sûr ! Comme si s’occuper des enfants et de la maison, n’était pas un travail ! 

 

Alors ? Vous avez trouvé les différents rôles de nos deux protagonistes ? Dans le cas contraire, pas de panique : les réponses sont à la fin de l’article !

 

Pour quelle(s) raison(s) joue-t-on ?

Tout d’abord, parce que chacune de ces positions offre des avantages non négligeables.

Et si l’on souhaite réellement sortir de ces jeux relationnels, il est très important de regarder ces avantages et de les accepter (même si ce n’est pas glorieux), pour pouvoir trouver une manière de préserver ces avantages dans nos nouveaux comportements relationnels.

Prenons les rôles un par un et décortiquons-les.

Quels sont les avantages à incarner le rôle du Sauveur ?

C’est une position qui est très valorisante. Le Sauveur, c’est celui que l’on appelle au secours, vers qui on se tourne en cas de difficultés, il est LA référence. Alors oui, le rôle du Sauveur est extrêmement valorisant. Cette position relationnelle renforce, redore si besoin l’estime de soi. Quand c’est à nous que l’on fait appel pour trouver les solutions, on se sent important. Parfois c’est même un rôle qui donne à celui qui l’incarne le sens de son existence ! Sa vie n’aurait plus de signification si il/elle ne pouvait plus jouer au Sauveur.

Dans certaines professions, les Sauveurs sont monnaie courante : médecin, aide-soignant, infirmières, thérapeutes, pompiers, etc. Toutes les professions dans lesquels le professionnel vient en aide à ses clients/patients, sont des métiers ou un travail sur soi est essentiel pour éviter de tomber dans le piège du « syndrome de la Croix rouge ». Non, on ne peut pas sauver tout le monde. Un vieil adage ne dit-il pas « on ne donne pas à boire à un âne qui n’a pas soif » ?

Et quand l’autre n’a pas demandé d’aide, même si on est convaincu d’avoir LA solution à son problème, il n’y a pas à intervenir. Ce n’est que si l’autre demande de l’aide qu’il est peut-être temps de réfléchir à une intervention. Et encore…

Quels sont les avantages à se mettre dans la position de la Victime ?

Le premier, le plus évident peut être, c’est que la Victime attire les Sauveur…Et attirer les Sauveurs est un excellent moyen pour satisfaire son besoin de reconnaissance. Pendant que le Sauveur s’occupe d’elle, il lui dit implicitement « Tu existes. Tu as de l’importance ». Ne jetez pas la pierre aux « Caliméro », ceux qui se plaignent sans cesse, pour qui rien ne va jamais : nous les êtres humains, avons tous besoin de reconnaissance pour assurer notre survie. Alors nous faisons du mieux que nous pouvons dans un monde ou la reconnaissance positive ne vient pas toujours beaucoup…

Et pendant qu’elle attire les Sauveurs qui volent à son secours, la victime n’a pas à assumer ses responsabilités. Elle n’a pas à chercher de solutions à ses problèmes : le Sauveur s’en charge ! Elle n’a même pas à assumer la responsabilité de ses problèmes puisque c’est à cause du Persécuteur qu’elle est malheureuse. C’est le deuxième gros avantage de la position de victime : il n’y a aucune responsabilité à prendre, aucune décision non plus.

Quels sont les avantages à incarner le rôle du Persécuteur ?

J’entends souvent qu’il n’y a aucun avantage à être dans ce rôle.  Spontanément il est perçu comme très négatif. « Quoi ? Mais comment ça je trouverai des avantages à persécuter mon entourage ??? Mais enfin je ne suis pas un(e) psychopathe !! » me dit-on outré.

Et pourtant, sans être psychopathe, il y a des avantages cachés. Et le plus important est que ça défoule ! Et si on est honnête, il y a des fois ou dire tout ce qu’on a sur le cœur sans se soucier de la manière de dire, de comment l’autre va le prendre, est ce que je vais le blesser ou pas, bref, dire à l’autre « mais va te faire foutre ! » ça fait du bien !

Le rôle du Persécuteur permet de libérer nos pulsions agressives.

Quelques exemples en terme de comportements :

Attention : ici, l’emploi du « il » ou du « elle » est générique. Il y a autant de Sauveurs femmes que d’hommes, autant de Victimes hommes que femmes, etc.

Le Sauveur : il a toujours les solutions pour tout. Même quand vous ne lui demandez pas d’aide, il est le premier à dire « Si j’étais toi… », ou « Si j’étais à ta place… ». Et si vous avez le malheur de lui faire remarquer qu’il n’est pas vous, il risque de changer très vite de rôle et de basculer dans le Persécuteur ou la Victime. Il vous fera remarquer par exemple, que vous n’êtes vraiment pas reconnaissant de toute l’aide qu’il vous apporte… Ou alors, vexé et drapé dans sa dignité, il vous dira de vous débrouiller tout seul et de ne pas venir pleurer ensuite parce que vous n’aurez pas voulu écouter SA solution, qui est forcément la meilleure…

La victime : son plus grand trait distinctif c’est que rien n’est de sa faute. Elle ne trouve pas ses clefs ? Ce n’est pas elle qui les a mal rangé, ce sont ses colocataires qui les ont déplacés sans lui dire ! Et si elle n’a pas de colocataire, ce sera le chien, ou quelqu’un (peut-être le fantôme de la maison), mais ça ne peut pas être elle qui s’est trompé ! Elle échoue à un examen ? Ce n’est pas de sa faute, ce sont les jurés qui sont subjectifs ! Elle arrive en retard à un rendez-vous ? Ce n’est pas elle qui a mal évalué le temps de transport et les bouchons, ce sont ces chauffeurs de bus qui, vraiment ne savent pas conduire !

Ses relations amoureuses sont désastreuses ? Ce n’est pas elle qui reproduit un schéma, ce sont les autres qui sont de parfaits salauds !

En résumé, c’est Caliméro : le monde est trop injuste et personne ne la comprend. Alors la Victime a cet autre comportement très distinctif : elle se plaint. Beaucoup. Et dans une conversion entre ami(e)s, elle tentera chaque fois de ramener les choses à elle. Si vous lui racontez par exemple, que vous vous êtes fait arrêter par la police pour un banal contrôle, mais qu’ayant oublié le contrôle technique de votre voiture, le banal contrôle s’est transformé en PV (oui, je vous confirme, ça sent le vécu 😉), la victime vous répondra presque immédiatement : « Ah ben oui, moi aussi ça m’est arrivé ! Mais figures toi que c’était pire !... »

Le Persécuteur : les comportements du Persécuteurs peuvent sembler facile à identifier. Il crie, hurle, insulte, fait de grands gestes sous le coup de la colère. Il aboie, parfois mord, alors soyez prudents tout de même.

Mais ça ce sont les comportements les plus faciles à reconnaître. Il y a une variante du Persécuteur qui est plus délicate à identifier parce qu’elle est camouflée sous un vernis de bienséance et de politiquement correct qu’il peut être difficile de déjouer. Ce sont ces comportements humiliants et blessants qui font que, confrontés à ce type de personnalités, nous sortons des discussions avec le sentiment de ne rien valoir, d’être nul(le)s.

Ce type de Persécuteur aura souvent deux visages. L’un réservé à la sphère publique et qui est avenant, serviable, enjoué, toujours prêt à rendre service (un vrai faux Sauveur), bourré d’humour, bref, il a tout pour être aimable.

Et il y a l’autre visage. Celui qui est réservé à la sphère privé. Que personne d’autre, à part les membres de la famille proche, ne voit. Et il est beaucoup moins drôle, vous l’imaginez sans peine…

Comment en sortir ?    

Tout d’abord faire un état des lieux honnête et le plus objectif possible de vos relations !

Par exemple : avec mes parents, quel est mon rôle de prédilection ? Avec mes enfants ? Et avec mes amis ? Mes collègues ? Mes voisins ?

Petit aparté pour éviter de s’auto flageller quand on s’aperçoit que nous jouons plus souvent que nous ne le voudrions au triangle Karpman…

Quel parent n’a pas été un jour Sauveur avec son enfant en devançant ses demandes et besoins ?

Quel parents n’a pas été Persécuteur avec son enfant en lui disant « non » ?

Et de ce fait, quel enfant n’a pas joué à Caliméro parce que « papa et maman sont méchants, ils ne veulent pas m’acheter la dernière licorne à bascule » ?

Et malgré tout cela (ou peut-être grâce à tout cela… 😉), nous nous en sortons dans la vie ! Alors ne vous mettez pas martel en tête si vous constatez que pour beaucoup de vos relations vous jouez dans le Triangle : soyez Bienveillant avec vous-même !

 

Maintenant que l’état des lieux est fait, à vous de décider dans quelle(s) relation(s) vous souhaitez opérer un changement, ou pas.

La meilleure solution pour sortir du Triangle, est de ne pas y entrer ! Pour cela, trois pistes de réflexions et d’actions :

    • Être honnête : dire ce que vous pensez sans vous mentir dans les situations difficiles. Ici les outils de la Communication Non Violente de Marshall Rosenberg seront d’une aide très précieuse…
    • Se respecter et respecter les autres : assumer sa responsabilité sans se sentir coupable, avoir de l’empathie en apprenant à s’aimer. (Si je mets « apprendre à s’aimer » en gras, c’est parce que je trouve que c’est un manque terrible dans notre société et qu’il y a là, tout un chemin à faire pour beaucoup d’entre nous.) N’être ni effacé, ni narcissique. 
  • Négocier pour pouvoir gérer la complexité des situations : penser groupe ou couple, et non individu émotionnellement trop dépendant. 

 

Cs trois pistes d’actions sont utilisables également quand vous vous rendez compte que vous vous êtes laissé entraîner dans le Triangle !

 

Les solutions du dialogue « Paul et Virginie » : qui joue à quel rôle ?

    • Paul (Persécuteur) : C’est encore brûlé ce qu’on mange ! 
    • Virginie (Victime) : Il a fallu que je réponde au téléphone ! 
    • Paul (Persécuteur) : Ah ! Encore le téléphone, tu es toujours au téléphone ! 
    • Virginie (Victime) : Je suis bien obligée de répondre quand il sonne. 
    • Paul (Persécuteur) : Et le répondeur il sert à quoi ? Si tu le laissais faire son travail, tu pourrais faire le tien correctement !
    • Virginie (Sauveur) : On ne sait jamais ce qui peut arriver. Il faut que je réponde … si c’était important ? Si c’était ma mère ou ta mère … ou je ne sais qui, qui a besoin d’aide. 
    • Paul (Victime) : Je travaille toute la journée à un poste que je déteste. 
    • Virginie (Sauveur) : Oui, tu fais un travail difficile. 
    • Paul (Victime) : Et je ne peux même pas m’asseoir pour un bon dîner ! 
    • Virginie (Sauveur) : Je peux faire autre chose, si tu veux. 
    • Paul (Persécuteur) : Ah ! non ! Cela va prendre trop temps comme d’habitude. 
    • Virginie (Persécuteur) : Si tu te bougeais pour répondre au téléphone, je ne serais pas obligée d’être au four et au moulin et le dîner ne serait pas brûlé ! 
    • Paul (Victime) : En rentrant, j’ai juste besoin de m’asseoir et de me détendre. Tu ne sais pas ce que c’est ! 
    • Virginie (Persécuteur) : Bien sur ! Comme si s’occuper des enfants et de la maison, n’était pas un travail ! 

 

Pour d’autres exemples tirées de la sphère professionnelles, je vous recommande cette très bonne vidéo de Dominique Chalvin, Psycho-sociologue :

https://www.youtube.com/watch?v=cfm2JMJep_M

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